Le Curé de Camaret

LE CURE DE CAMARET, de Noël Tuot
Par Armelle Dumoulin et Benjamin Abitan
Bougie : Marianne Muller

Biographie au pas de course d’un paysan malgré lui poète, c’est un texte frontal, aussi rythmé que désaccordé, dont la verve triste emporte tout sur son titubant passage, bringuebalant son corps sans graisse à tous les points cardinaux de la littérature monstre et des salles de garde, se résolvant pour finir à la lisière du fantastique et du grotesque en un orgasme battu froid de chien mouillé.
Avec une table grossière pour tout décor, une bouteille de rouge faisant office de sablier, le duo donne à entendre le texte avec une jubilation toute communicative. On est sans cesse étonné par cet objet insolite épurant tous les genres spectaculaires à la fois, de la conférence performée à l’invention d’un surprenant café-théâtre atonal, de la farce tragique et du divertissement comme acte noble à la présentation pure d’un vrai moment de poésie. Après ça il faudra bien « retremper ses bottes dans la boue du concret » mais le concret aura changé. »
(Florian Caschera)